04.03.2008

Et oui, je gère

Depuis quelques semaines je m’intalle chez MOI (previously chez Anne-Sophie et moi, rien à voir). C’est trop bien. Et vas-y que je déplace les meubles – ou que je les fais déplacer parce que bon ya des mecs dont c’est le boulot, je vais pas leur en priver – que je décore, que je déploie mes affaires perso en dehors de ma chambre… Ca commence à être chouette. Dans quelques jours je vais chercher des choses que j’ai faites encadrer, enfin les murs ne seront plus tout blancs, bonheur.

Depuis le départ de ma colloc, je me retrouve avec deux chambres d’amis et comme j’ai envie que mes amis viennent me voir et qu’il y en a qui ont prévu de le faire, j’ai fait des efforts pour que ces chambres soient un minimum accueillantes. Ca commençait à être chouette quand je me suis rendue compte que mes prochains visiteurs viennent en Aout… C’est dans hyper longtemps ! Je me suis sentie un peu bête avec ma jolie chambre d’amis (ben oui yen a une jolie et une pas trop). Et puis tout d’un coup voilà t’y pas que d’autres amis s’annoncent, en juin, en avril, en mars… Génial, on est en mars !

Hier je reçois un mail d’un étudiant de mon école. Il est stagiaire à Beyrouth, doit passer une nuit à Damas le lendemain (aujourd’hui) et des amis à moi, qu’il cite, lui ont dit de me contacter pour voir si je voudrais bien l’héberger. La classe 3ayenne (mon école s’appelle 3A) dans toute sa splendeur, on est tous des potes et on fait tout à l’arrache (= on improvise complètement).

Salut Caro,
 
je t'ecris de la part de benj destremeaux et scool
je termine 3a en faisant mon stage a arcenciel a beyrouth
et apres trois mois je dois passer en syrie pour avoir un nouveau visa libanais
Du coup ma question est :
 
j'aimerai partir demain apres midi pour Damas
et est-ce que tu pourrais m'accueillir le soir pour une nuit
et je repars le lendemain
 
c'est pas tres bien préparé je le reconnais
et si ca te fais chier je peux trouver autre choses
merci en tout cas
 peut etre a bientôt

johan

Je ne peux pas m’empêcher de remarquer qu’il s’adresse directement à moi en m’appelant « Caro », les amis de mes amis sont mes amis c'est ça? Il fait référence, heureusement pour lui, à des gens que j’aime beaucoup, des stars de ma promo même. Il n’aime pas les majuscules sauf pour Caro et Damas (ouf !). Il avoue qu’il est un peu mal organisé (haha).

Bien sûr, je lui ai dit qu’il pouvait venir à la maison, ce serait Totalement pas Caro de refuser (je me demande dans quelle mesure les gens se rendent compte de ça mais bon je ne crois pas qu’il y ait d’abus). Entre son mail d’hier et maintenant je lui ai dégoté une place au concert où je vais ce soir (La Symphonie Fantastique de Berlioz à l’Opéra de Damas) et puis tant qu’à faire il va venir grimper avec moi pendant l’aprèm.

Donc le premier à dormir dans ma super chambre d’amis est un parfait inconnu qui s’est annoncé la veille et je lui ai préparé un super programme, spécial Caro. La vie est pleine de surprises... Benjamin l'a dit et je ne ferais pas la modeste : Caro, elle gère.

01.03.2008

Et toc!

Chloé m’a taguée il y a quelques jours et ça fait des plombes que je suis devant mon ordi entrain d’essayer de répondre. Il faut que je vous parle de 6 choses/habitudes/tics sans importance sur moi-même. Or, vous parler de 6 choses/habitudes/tics que j’ai c’est plutôt fastoche (je parle trop beaucoup, je suis gourmande, dépensière...) mais trouver des choses sans importance qui ne me font pas passer pour une nana complètement maniaque (je suis un tout petit peu maniaque) c’est plus dur. Finalement en me creusant la tête j’en ai trouvé 7.

-          J’ai toujours un stick pour les lèvres dans mon sac/ sur ma table de nuit.

-          Quand je suis en vacances, je ramasse des choses par terre : un caillou, un coquillage, un tesson de poterie… et après tout se mélange chez moi et je ne sais plus qu’est-ce qui vient de où.

-          Je ne peux pas me coucher si ma cuisine est en désordre. Je sais que ça va me mettre de mauvaise humeur au p’tit dèj. Même si il y a beaucoup de choses à ranger parce que j’ai invité des amis à diner je range le soir même (et je passe un petit coup d’éponge). En fait je ne peux pas me coucher si je n’ai pas fait tout un tas de choses : me démaquiller, me brosser les dents, me laver le visage, me mettre de la crème sur le visage, me mettre du baume à lèvres et de la crème sur les mains, aller chercher un verre d’eau… Ca prend du temps certes, mais c’est mon rituel quelle que soit l’heure et le degré d’ébriété.

-          Je fais toujours un après-shampoing après le shampoing (logique hein !)et si il n’y en a pas je ne me lave pas les cheveux.

-          Parfois je me force à finir mon assiette au resto ou quand je suis invitée à diner parce que ça ne se fait pas de laisser et parce que j’ai horreur qu’on jette de la nourriture. Je suis capable de me forcer jusqu’à me sentir vraiment malade.

-          Quand je suis stressée je tire sur mes sourcils et après je m’en arrache plein et j’ai l’air ridicule.

-          Le Lipton Yellow m’ennuie. Il existe tellement de thés super bons et parfumés, pourquoi boire du Lipton Yellow ?

J'éspère que ça vous à plu. Je passe le relais à Aurélie, qui avait senti venir je crois, et qui a un nouveau blog que vous pouvez donc découvrir tout de suite.

25.02.2008

Je suis un peu zinzin mais je me soigne

Régulièrement je me mitonne des challenges qui consistent le plus souvent en un trop grand nombre de choses à faire pour le temps que j’ai. Je suis une adepte du stakhanovisme. Ca commence dès le matin. J’ai décidé que j’aurais le temps de faire le thé (thé en feuilles dans la théière hein, pas le sachet Lipton), prendre ma douche, m’habiller, manger des tartines, me faire un jus d’orange frais et le boire, préparer mon déjeuner (c'est-à-dire mettre des trucs déjà prêts dans des boites ou carrément faire cuire des pates, éplucher des concombres et des carottes et les couper en bâtonnets etc) ranger la cuisine, rincer le presse-agrumes (parce qu’après c’est hyper relou quand c’est tout sec), aérer ma chambre, me brosser les dents, me maquiller, le tout en musique et en buvant le contenu de la théière. Au moins quand j’arrive au bureau je suis réveillée.

Ce genre de rythme vaut aussi pour après le boulot. Je veux aller à l’escalade mais je veux aussi faire une soupe de légumes après (et une compote de pommes avec ces pommes un peu fripées là tant qu’à faire) et faire tourner une ou deux machines et appeler une amie en France et prendre une douche et lire un peu ET ne pas me coucher trop tard (haha, sinon c’est fastoche). Et quand j'arrive à faire ce que je voulais je suis conteeennnnnte!

En général j’improvise au fur et à mesure mais des fois je prévois le marathon. Ce soir j’ai invité 10 personnes à diner. Donc, je sors du bureau à 17h et j’ai jusqu’à 20h pour préparer à diner pour 11 personnes. Ca n’a pas l’air trop dur comme ça, des spaghettis, du pesto, un gâteau de chez le pâtissier et hop ! Sauf que non, je veux tout faire toute seule et que ce soit super bon (haha). J’ai donc prévu une soupe à l’oignon, un curry de poulet, une salade de concombres au yoghourt et un gâteau au chocolat avec de la glace. J’ai fait le gâteau et la soupe hier quand même, essayer de tout faire entre 17h et 20h aujourd’hui serait de la folie. Par contre, je trouve que ma soupe n’a pas assez de goût donc je risque de la remanier et je me dis que des petites gougères avec ce serait bon et puis un gâteau ce sera peut-être pas assez ?? On m’a proposé de l’aide, hier, aujourd’hui, et j’ai refusé. Parce que mon brin de folie ne s'arrête pas là. J'essaye de faire beaucoup de choses à la fois, je suis perfectionniste et quand j'invite à diner je veux tout faire moi-même!

Demain je vais à l’opéra et je me dis que quand même ce serait dommage de rater l’escalade donc peut-être que je pourrais y aller et partir plus tôt que d’habitude, me ruer sous la douche et m’habiller super vite (ce qui veut dire qu’il faut que je sache à l'avance ce que je vais mettre et que je ne change pas d’avis, un bon challenge) et être à l’heure quand même...

Et puis des fois je ne fais rien ou presque, je me couche à 21h avec un bouquin et une tisane et ça aussi, j'adore!

 

21.02.2008

La pêche du jour

Je lis régulièrement les dépêches sur le site du Monde à la recherche de trucs rigolos. Aujourd’hui j’ai trouvé celle-ci qui m’a bien fait rire :

"Un cambrioleur de 71 ans défénestré par une retraitée dans la Nièvre

Une retraitée de Pouilly-sur-Loire (Nièvre) a poussé par la fenêtre un septuagénaire qu'elle avait surpris en train de cambrioler son logement, a-t-on appris mardi auprès des gendarmes.

Le cambrioleur, âgé de 71 ans, qui avait déjà fait de la prison à Chabméry (Savoie) pour des vols, s'est fracturé les deux chevilles dans sa chute, d'une hauteur de 4 à 5 mètres.

Une automobiliste qui passait au même moment et ignorait son méfait l'a pris en charge et conduit à l'hôpital de Nevers. Les gendarmes n'ont eu aucune peine à l'y retrouver."

20.02.2008

La vie est dure chez Total Syrie

Au cours des 9 mois passés ici, j’ai prononcé toutes ces phrases au moins une fois :

 

 

-          Ma femme de ménage a encore oublié de faire un pli en repassant mon pantalon noir.

-          Cet appartement est trop grand, où est-ce que j’ai bien pu poser ma tasse de thé?

-          Zut, l’ampoule a claqué dans l’entrée, il faut que j’appelle Jihad pour qu’il la change (ben oui, j’ai pas d’escabeau).

-          Je devrais appeler Marie-Caroline pour savoir si son jardinier voudrait faire quelques heures chez moi, ça commence à être vraiment dégueu ces feuilles mortes.

-          Tant qu’à faire, il faudrait que Jihad change aussi la deuxième bouteille de gaz.

-          Orange ou rouge les rideaux ? J’arrive pas à me décider.

-          Alors, Monsieur Lakkar, je voudrais mettre la penderie qui est dans cette chambre, dans l’autre chambre là-bas et celle qui est dans la chambre là-bas vous pouvez la prendre et la mettre à l’entrepôt de stockage, je n’en ai pas besoin. Ben oui, il va falloir tout démonter…

-          Si on commandait indien ce soir ?

 -          Hana, la pédale de ma voiture reste bloquée au plancher, je crois qu’il y a un problème. Je l’ai laissée garée devant chez moi, tu peux envoyer quelqu’un quand tu veux.

-          Il faut que je passe voir Souheib pour prendre mon billet d'avion pour Abou Dhabi*

 

 

On s'y fait très bien.

 

 

 

 

*ça marche aussi avec Paris, Kampala ou Khartoum (au hasard).

19.02.2008

J’adooooooore mon boulot !

Vous en connaissez beaucoup des gens qui disent ça ? On est en 2008, mon contrat se termine dans 9 mois, tout le monde me demande « et après tu veux faire quoi ? ». Retour en arrière, tu es en seconde, tout le monde te pose la même question « tu veux faire quoi plus tard ? ». Malaise, mains moites, sourire embarrassé… soit tu as l’impression que tu donnes une réponse foireuse et ça te met mal à l’aise, soit tu dis que tu ne sais pas, ce n’est pas mieux. Les gens qui posent ces questions sont un peu mes ennemis, ils relancent le questionnement intérieur, ils provoquent le doute, ils déstabilisent. J’admire les gens qui se sont rendus compte il y a longtemps qu’ils voulaient être géologue, dentiste ou assistante sociale. Il y a des métiers pour lesquels le concept de vocation me dépasse complètement (podologue). Je crois qu’il faut faire quelque chose qui nous motive, qu’on prend plaisir à faire, qui nous emballe. Ce n’est pas évident de trouver ce métier et il y a toujours des tâches moins sympa qui font partie du deal, des jours où on n’est pas motivés, il faut être réaliste.

Quand j’explique un peu mon parcours je sens que je surprends. Pas de problème, il y a une explication à tout pour autant que mon interlocuteur soit un peu patient. Le passage de l’ONG de lutte contre le sida à Total, par exemple, laisse les gens perplexes (et je les comprends). Récemment je me suis retrouvée face a un grand nombre de personnes travaillant dans le milieu ONG/ONU qui savaient que j’avais travaillé dans une ONG de lutte contre le sida en Namibie. A la question « Et maintenant tu fais quoi ?» j’étais presque tentée de mentir, j’avoue. Avec certains on a même réfléchi à des bobards que je pourrais dire à la place de « Je suis passée du coté obscur de la force, je travaille pour une multinationale dans le milieu pétrolier » comme « je serre des orphelins dans mes bras » ou encore « je sauve des gorilles ». Et puis quand tu ajoutes que tu travailles en gestion des ressources humaines, c’est le summum : « Non seulement tu travailles chez Total mais en plus t’es RH !!! ». Ha… ha… ha. Bon mais sans déconner, je suis contente de faire ce que je fais hein et puis il faut être curieux dans la vie. Et puis, ils roulent à quoi les camions qui transportent l’aide humanitaire ? Ah. On est bien d’accord.

Tout ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick. Qu’est ce que je veux faire après ? Je veux que mon boulot me plaise beaucoup, à tel point que je ne compte pas trop mes heures, que certaines idées ou avancées dans mon travail rendent ma journée plus chouette, que je serais contente d’en parler… Ce que je peux dire pour l’instant c’est que ce n’est pas sûr que je trouve ça chez Total.

Ca va faire 9 ans que j’ai eu mon bac. Je ne sais toujours pas exactement ce que je veux faire mais je commence à avoir une idée.