22.06.2008

Flûte!

Dans le Monde d’aujourd’hui il y a un article sur l’apprentissage, ou plutôt l’échec de l’apprentissage de la flute à bec, à l’école. J’ai ri en lisant certains passages qui bien sur m’ont fait penser à ma propre expérience : « Vous êtes 30 en classe. A tour de rôle, ou pire, tous ensemble, vous essayez de souffler dans ce tube de bois ou de plastique acheté au début de l'année pour une poignée de francs, ou d'euros. Vous tentez de contenir votre souffle, mais régulièrement, l'air s'échappe de vos poumons et le son grimpe de manière incontrôlée. Vous rigolez pour cacher votre gêne, vous rigolez quand votre voisin laisse à son tour percer un cri de mouette, vous rigolez quand les autres rigolent... Et tout ça pendant quatre ans. A raison d'une heure par semaine, les progrès sont presque nuls. D'autant qu'une fois sur deux, vous oubliez votre instrument à la maison».

Sans compter que ça m’est arrivé régulièrement de changer d’école en cours d’année scolaire, ou de changer d’école tout court d’ailleurs. En plus d’être à la rue sur un certain nombre de choses du programme scolaire, j’avais honte quand on m’a mis une flute dans les mains pour la première fois et que toute la classe savait déjà jouer… Dans la catégorie « j’ai honte à l’école » j’ai aussi la chanson qu’on a chantée devant une foule de parents spectateurs et pour laquelle il fallait claquer des doigts en rythme. Ca devait être en CE1 ou CE2. Je ne savais pas claquer des doigts. J’avais beau essayer, ça ne faisait pas de bruit. Quelle frustration ! Bon, personne ne pouvait le savoir bien sûr puisque 30 élèves devaient claquer des doigts en même temps, mais bon quand même j’avais honte.

En 6ème et 5ème j’ai eu une prof de musique qui avait subi une trachéotomie suite à un accident de voiture et qui avait quasiment perdu la voix. Déjà que c’est un cours de musique et que les élèves sont indisciplinés, par définition, alors essayez avec une prof qui ne peut presque pas chanter, ni crier, et qui n’a aucune autorité. Les séquelles de son accident étaient telles qu’elle était absente régulièrement en plus… Dans ces conditions je ne vois pas comment on peut développer un réel intérêt pour la musique à l’école. Il y a bien quelques points sur lesquels je peux critiquer le système scolaire français (l'apprentissage des langues étrangères, au hasard) mais bon ça serait un peu long alors je vais m'arrêter avec la musique.

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